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Le Jardin des apparences
Véronique Olmi
Actes du théâtre n° 14.[ imprimer ]
Un samedi de septembre dans le jardin d'une maison familiale, en banlieue parisienne. Au cœur de ce jardin : Armand, le père, entouré de ses deux filles et de ses gendres.
Armand va mourir, et l'ignore. Ses filles, qui elles, savent, sont là pour lui dire au revoir.
C'est leur dernier moment passé ensemble et si leur amour s'avoue si mal, c'est peut-être parce que chacun porte en soi ses rêves inaboutis, ses désirs entravés et ses blessures secrètes, et que la tendresse est souvent maladroite. Mais c'est aussi en quittant ceux que l'on aime que l'on parvient à prendre son véritable envol…

"Véronique Olmi écrit comme on respire, parce que cela lui est à la fois vital et naturel. Rien de contourné chez elle. Elle ne prend pas la pose de l'écrivain. Elle obéit simplement à la nécessité de raconter sans ostentation des moments de vie tristes et gais à la fois, sarcastiques et tendres, comme la vie vraie, encore faut-il savoir l'écrire !"
Gildas Bourdet, metteur en scène de la pièce

"Avec cette aisance qui lui fait trouver le mot juste, le ton naturel, la phrase que chaque spectateur rêverait de prononcer, Véronique Olmi trouve une place de choix dans l'écriture théâtrale d'aujourd'hui."
Michèle Taddéi, La Provence, 8 novembre 2001

Création au Théâtre national de la Criée à Marseille le 6 novembre 2001. Reprise au Théâtre des Arts-Hébertot le 16 janvier 2002.
M.e.s. : Gildas Bourdet. Ass. : Ladislas Chollat. Déc. : Gildas Bourdet, Edouard Laug. Lum. : Jacky Lautem. Avec : Jean-Paul Roussillon, Claire Nadeau, Marianne Epin, Jean-Pierre Bouvier, Jean-Yves Rohan.
Traduction en allemand (éditions Suhrkamp).

Personnages : 2 femme(s) - 3 homme(s) -
Éditions Actes Sud-Papiers. - www.actes-sud.fr

Michelle revient, portant deux vieux transats.
MICHELLE : Vous deviez vous demander ce que je faisais J'ai consolidé, regardez-moi ça, hein On pourrait s'y mettre à plusieurs.
SABINE : Je préfère rester dans l'herbe. J'aime bien être assise dans l'herbe.
MICHELLE : T'as pas confiance Je bricole bien, demande à papa, les mangeoires c'est moi qui les ai faites. Assieds-toi ma Sabine.
ARMAND : Puisqu'elle préfère être dans l'herbe…
SABINE : Les clous dépassent, je les vois d'ici.
MICHELLE : Une fois qu'on les a repérés y a plus de danger
ARMAND : De toute façon, je veux du neuf Guillaume a raison : toutes les vieilleries, il va les récupérer pour sa cabane, et toi, Michelle, tu iras m'acheter du neuf.
Un léger temps.
SABINE : C'est pas le moment de faire des frais, papa… c'est déjà la fin de l'été…
MICHELLE : Sabine a raison… ça va bientôt être la saison des pluies…
ARMAND : La saison des pluies à Fontenay Ça tombe bien parce que justement je voulais aussi un auvent.
MICHELLE : Oh, d'accord d'accord Meuble la cabane du scout et puis moi j'achèterai des chaises longues, des auvents, des prie-Dieu même si tu veux, ça m'est égal
ARMAND : On croirait entendre sa mère : "Ça m'est égal, la petite phrase qui signifie : la guerre est déclarée.
MICHELLE (s'assied et plonge dans la lecture de son manuscrit) : Ne commence pas à faire ton cirque, tu veux.
SABINE : Dépêche-toi de manger le chocolat, papa, il fond.
ARMAND (à Michelle) : Et toi, ne fais pas celle qui travaille. Qui travaille pour qui Les proxénètes de la rive gauche
SABINE (à Armand, tout en mangeant le chocolat) : L'article sur l'Algérie, tu l'as lu
ARMAND : Comment veux-tu que je sache Des articles sur l'Algérie, il y en a tous les jours.
SABINE (se lèche les doigts et lit) : "Une cinquantaine de civils massacrés dans la région de Médéa, tu l'as lu
ARMAND (à Michelle) : Employée dans une maison d'édition Dans une maison de passe, oui Passe-droits, cochonneries et hommes politiques
SABINE : Papa, tu m'écoutes
ARMAND : Oui, je t'écoute : "dans la région de Médéa.
SABINE : Alors, est-ce que tu l'as lu
ARMAND : Oui. Non. Je m'en souviens plus. Sais?tu à quoi ta sœur passe ses journées Au lieu d'écrire son propre livre, ta sœur trafique les brouillons de madame Delcourt