SACD - Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques
Entr'Actes
accueil
la moisson des auteurs
à l'étranger
la moisson des traductions
paroles d'auteurs
à l'affiche
au catalogue des éditeurs
archives actes du théâtre
 
 
Actes du théâtre :
la lettre d'information
 
Plan du site
 
[ anglais ]
 
 

la moisson des auteurs

 
     
Petits crimes conjugaux
Éric-Emmanuel Schmitt
Petits crimes conjugaux
Charlotte Rampling, Bernard Giraudeau / Photo : Lot
Actes du théâtre n° 17.[ imprimer ]
Gilles est victime d’un mystérieux accident. Amnésique, étranger à lui-même, il revient chez lui auprès de Lisa, sa femme depuis quinze ans. Qui est-il Qui est Lisa Comment vivait leur couple À partir de ce qu’elle lui raconte, il tente de recomposer son existence. Mais si Lisa mentait Est-il bien tel qu’elle le décrit Est-elle seulement sa femme Une comédie noire pleine de surprises où le marivaudage alterne avec la guerre totale.

«S’il a construit tout un jeu d’ombres et de lumières, de calme et de violence, de courtoisie et de sauvagerie, de lenteur et de précipitation, Schmitt a surtout voulu parler du couple. En façade, un bras de fer avec ce qu’il faut de gants de velours pour qu’une vérité ne l’emporte pas sur l’autre. En profondeur, une réflexion sur les attelages humains qui s’usent et ne peuvent trouver leur sauvetage, leur second souffle que par la crise et la résolution de cette crise. Schmitt démêle bien la part d’archaïsme et de modernité dans l’être contemporain face au sentiment et au comportement amoureux.»
Gilles Costaz, Magazine littéraire, septembre 2003

Créé au Théâtre Édouard-VII, Paris, 12 septembre 2003.
M.e.s. : Bernard Murat. Décors : Nicolas Sire. Avec : Bernard Giraudeau, Charlotte Rampling.
Traductions en cours.

Personnages : 1 femme(s) - 1 homme(s) -
Éditions Albin-Michel.

GILLES Raconte-moi. Aide-moi à me retrouver.
Lisa désigne les peintures accrochées au mur.
LISA Qu’est-ce que tu penses de ces tableaux
GILLES Du bien. Ils sont la seule chose que j’apprécie dans cet appartement.
LISA Vraiment
GILLES Ils ont l’air du même peintre.
LISA Ils sont de toi.
GILLES (par réflexe) Bravo moi. (Surpris) De moi
LISA Oui.
GILLES En plus d’écrire, je sais… peindre
LISA Il faut croire.
Gilles examine les tableaux, d’abord méfiant, puis ravi.
GILLES Décidément, je découvre que je suis un type formidable, en dehors d’une petite déficience sur le ménage : bien marié, bon amant, peintre, inventeur de théories. (Avec désarroi) J’aurais aimé me connaître.
LISA (espiègle) Tu te serais beaucoup plu.
Gilles ne relève pas l’ironie.
GILLES Est-ce que je gagne ma vie aussi avec la peinture
LISA Non. Seulement avec tes romans policiers. La peinture demeure juste un passe-temps.
GILLES Ah… (Il la contemple, mal à l’aise.) Quel genre de mari est-ce que j’étais
LISA Sois plus précis.
GILLES Est-ce que j’étais un mari jaloux
LISA Pas du tout.
GILLES (étonné) Ah bon
LISA Tu me disais que tu me faisais confiance. Et j’aimais bien ça.
GILLES Est-ce que tu… profitais de mon absence de jalousie
LISA Pour
GILLES Pour me donner des raisons d’être jaloux.
LISA (souriant) Non.
Il respire avec soulagement.
GILLES Et moi, est-ce que j’étais… fidèle
Amusée, elle prend le temps de le dévisager, jouissant de l’angoisse qui paraît sur son visage,
avant de finir par lâcher :
LISA Oui.