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La Scène natale
Evelyne Loew
La Scène natale
Assis : Dullin, Copeau, Armand Tallier, Blanche Albane, Jeanne Lory, Suzanne Bing, Antoine, Cariffa ; debout : Roche, Jouvet, Roger Karl
Actes du théâtre n° 20.[ imprimer ]
À travers cette réécriture libre de textes très divers, se raconte l’histoire intime de la troupe du Vieux-Colombier : dix ans de batailles – entre 1913 et 1923 – qui ne furent pas toutes victorieuses, loin de là, mais qui auront révolutionné l’art théâtral. Histoire de la création d’un théâtre d’art dans une époque où faire du théâtre « non commercial » paraissait une folie complète. Histoire aussi d’amitiés tumultueuses au sein d’une troupe, une troupe-école de théâtre et de vie comme il se doit.
La Scène natale est écrite d’après les journaux, récits, correspondances de Jacques Copeau, Charles Dullin, Louis Jouvet, les registres du Vieux-Colombier et des extraits de presse de l’époque, pour Les Rencontres Jacques Copeau de Pernand-Vergelesses à la demande de Catherine Dasté.

Créé à Olmi Cappella en 1999 pour les Rencontres théâtrales de Haute Corse (ARIA), dirigées par Robin Renucci. Plus de 20 lectures ont déjà eu lieu. Reprises prévues durant la saison 2005-2006. Contact diffusion : e.loew@theatre-quartiers-ivry.com
Direction de lecture : Jean-Claude Penchenat. Avec : Robert Cantarella, Jean-Claude Penchenat, Robin Renucci et Christian Schiaretti. (Le parti pris de distribution a été de choisir des acteurs également directeurs et metteurs en scène.)

Personnages : 4 homme(s) - Plus un intervenant.

Page 2
JOUVET Billet de service : monsieur Chifoliau est prié de peigner sa perruque avant d’entrer en scène.
Adresse au public faite par VALENTINE TESSIER :
Mesdames, messieurs, votre attention s’il vous plaît, au nom de la troupe, une petite annonce avant le début de la représentation. Nous souhaiterions que les dames veuillent bien s’abstenir de tricoter pendant la durée du spectacle. Sans aucun doute c’est un acte de patriotisme que de tricoter mais aucun acteur ne peut donner le meilleur de lui-même dans ces conditions. Si nous sentons une salle pleine de femmes qui tricotent, qui jettent un coup d’œil à la scène en se disant « Ah bon, ce sont toujours les mêmes, retournons à notre tricot en attendant que ça change », dites-vous bien qu’aucun acteur, aucune actrice ne pourra résister à pareil traitement, quelle que soit sa sympathie pour le tricot et le travail patriotique. Par avance cher public, merci.
COPEAU Je me sens étranger dans ma propre troupe, ils me tiennent à l’écart, rient ensemble, s’arrêtent quand j’arrive. Est-ce que je ne les aime plus ? Ils ont trop d’argent, sont trop livrés à eux-mêmes. La troupe est trop nombreuse et les inemployés sont ferments de discorde. Il y a des clans. Ah si Blanche Albane, Dullin, Bouquet pouvaient venir ! Mes amis me manquent…
DULLIN L’Amérique, enfin l’Amérique ! Quel bonheur ! Dès mon arrivée on s’est mis à répéter L’Avare tous les jours. Quelle jubilation de travailler à nouveau ! Que ce pays me plaît ! L’Amérique m’exalte. En fait tous les contes qui nous émerveillent quand nous sommes enfants, tous nos grands rêves d’aventure sont possibles, mais souvent nous nous enracinons dans un coin et nous arrivons à nous figurer que ce coin est un monde, alors que le monde… le monde… L’homme se plaint de ne pas être heureux, il ne se rend pas compte qu’il est la plupart du temps le seul responsable par son manque d’imagination et d’audace.
JOUVET Billet de service : monsieur Chifoliau, deux dollars d’amende. Est entré en scène avec une perruque dépeignée malgré l’observation faite. Louis Jouvet.
Charles est enfin ici, dès son arrivée on a donné L’Avare. Immense succès. Les gens crèvent de rire. De ma loge pendant que je m’habille je laisse toujours la porte ouverte pour entendre la salle éclater. Charles est mieux que jamais.