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Véronique Olmi
Actes du théâtre n° 32.[ imprimer ]
« Madeleine a quarante ans. Christian en a cinquante. Ils vivent ensemble depuis plusieurs années, mais un jour Madeleine demande à Christian de s’en aller. Ce n’est pas du désamour, de la lassitude peut-être, une liaison qui aurait perdu beaucoup de sa saveur. Pensant arranger les choses, Christian propose une sortie, un tête à tête, une vraie discussion, du Champagne… En vain. Ca ne va plus. Pourquoi continuer, demande Madeleine ? Alors Madeleine se demande qui elle est vraiment mais surtout qui vit en elle : « Madeleine » qui a 40 ans, « Mado » ainsi qu’on la nommait à 18 ans, ou encore « petite Mado », celle qu’elle était à 5 ans ? Et laquelle des trois aime, ou aimait, Christian ? L’adulte, l’adolescente ou la petite fille ? Qui a besoin de cet homme et pourquoi ?

« Ce texte, de grande qualité, est d’une construction dramaturgique à la fois formidable et rare. Il faut imaginer un monologue en présence de quatre personnages, deux d’entre eux animant la vie intérieure d’une troisième. L’intrigue est de même puissante, car nous croyons assister à la rupture d’un couple alors que l’héroïne dresse le bilan de ses quarante années de vie. Nous rions beaucoup dans les échanges entre Madeleine et sa conscience habitée de Mado, plus jeune, et de la petite Mado, enfant. Cela procure des situations très cocasses. »
Comité de lecture d’Actes du Théâtre

Production prévue en 2009 - 2010.

Personnages : 3 femme(s) - 1 homme(s) -

PETITE MADO Oh là là, il fait nuit partout…
MADELEINE En fait, je crois que la tombée de la nuit me fout le cafard. J’ai toujours eu un peu peur du crépuscule. C’est con…
CHRISTIAN Quand tu avais peur, c’était simple, tu venais dans mes bras, tu fermais les yeux et tu disais : « Je suis rassurée. C’est comme si j’avais cinq ans et qu’on m’avait rassurée après une grosse frayeur ».

PETITE MADO Prends-moi dans tes bras, prends-moi dans tes bras, prends-moi dans tes bras…
MADO Oh !? Y a d’autres moyens d’approche dans la vie, ok ?
PETITE MADO (tout bas) Prends-moi dans tes bras, prends-moi dans tes bras, prends-moi dans tes bras…
MADO Ce que t’es limitée, ma pauvre fille !

CHRISTIAN En tout cas si un soir tu as encore peur, tu m’appelles et j’arrive. Tout de suite, dans la seconde, j’arrive. Voilà. A vie. Tu peux m’appeler à vie.

MADO Just whistle ! On frôle le sublime : Humphrey Bogart et Lauren Bacall !
MADELEINE (à Mado) Oh toi, prends ta carte du ciné club et fiche moi la paix ! (A Petite Mado.) Et toi, arrête de supplier !

CHRISTIAN Mais qu’est-ce qui te rend nerveuse, comme ça ?
MADELEINE Ben je sais pas… je me sens tiraillée… Je sais plus où j’en suis.
CHRISTIAN Tu regrettes ta décision ? Mais je le savais moi, que c’était juste un gros coup de blues…
PETITE MADO Le ciel est noir…

MADELEINE Ma décision ? Ah non ! Je t’assure que non, mais je me sens… prise entre deux feux… C’est très pénible.
CHRISTIAN Je vois bien que tu es pas sûre de toi, hein.

PETITE MADO Mais noir tout noir…
MADELEINE (à Petite Mado) Mais prends sur toi 5 minutes !
MADO (à Petite Mado) C’est vrai, t’es chiante !

CHRISTIAN Tu peux me le dire : il y a quelqu’un ?
MADELEINE Pardon ?
CHRISTIAN Il y a quelqu’un d’autre ?
MADELEINE Où ça ?
CHRISTIAN Comment « où ça » ? Mais dans ta vie, évidemment !
MADELEINE Mais alors là c’est grotesque, tu sais bien qu’il n’y a personne.