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Une semaine... pas plus!
Clément Michel
Une semaine... pas plus!
DR
Actes du théâtre n° 53.[ imprimer ]
Paul fait croire à Sophie que son meilleur ami Martin vient de perdre sa mère et qu’il va venir s’installer chez eux.
Il veut en réalité la quitter et pense que cette cohabitation va faire exploser son couple.
Martin s’installe, malgré lui, mais ce sera « une semaine, pas plus... »
Commence alors un ménage à trois totalement explosif qui réserve son lot de mensonges, de bassesses et autres petits plaisirs quotidiens.

« Clément Michel signe une comédie désopilante, d’une grande finesse [...] Sans doute l’une des meilleures à l’affiche cet été ».
Figaroscope, 29juin 2011

« Du point de vue dramaturgique, on peut, sans rougir, oser dire qu’il est un Feydeau des temps modernes [...] Une semaine... pas plus ! a tout pour rester une saison, voire plus, au théâtre »
Pariscope, 29 juin 2011

« Une semaine... pas plus ! inverse habilement les codes comiques habituels, d’où une impression d’originalité rafraîchissante [...] Cette comédie devrait rester à l’affiche une semaine et... beaucoup plus ! »
Télérama, 16 juillet 2011

Création au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse le 14 juin 2011.
Mise en scène : Arthur Jugnot et David Roussel. Avec : Clément Michel, Maud Le Guenedal, Sébastien Castro.

Personnages : 1 femme(s) - 2 homme(s) -

Extrait de l’acte 1, scène 2

Martin et Paul


MARTIN Qu’est-ce qui t’arrive ?
PAUL Comme je te l’ai dit. Je ne pense plus qu’à ça. Je veux qu’elle dégage.
MARTIN Mais, je ne comprends pas. Ça t’est venu d’un coup comme ça ?
PAUL Presque.
MARTIN T’as rencontré une autre fille ?
PAUL Non, même pas. J’en peux plus, c’est comme ça.
MARTIN Ça fait pas longtemps que vous habitez ensemble pourtant ?
PAUL Quatre mois.
MARTIN T’es sûr que c’est pas un coup de tête, une impulsion. En ce moment, elle t’énerve ou c’est toi qui es un peu irritable, c’est des trucs normaux ça.
PAUL Mais non, elle m’adore, j’ai rien à lui reprocher. Elle est toujours aussi sympa, sexy, gentille... C’est ça qui est terrible.
MARTIN Oui, c’est dur. Vivement que tu te trouves une débile moche, avec un gros cul. Pourquoi tu lui dis pas tout simplement de partir ?
PAUL Je peux pas. C’est impossible, je ne pourrai pas lui dire.
MARTIN Pourquoi ?
PAUL Martin, pour quitter quelqu’un, il faut une composante très particulière et en totale voie de disparition chez l’homme qui s’appelle le courage et en tant qu’homme, je n’ai pas cette composante. Tu comprends ? Pourtant, j’ai essayé, j’ai répété devant ma glace un discours de rupture, mais je n’y arriverai pas.
MARTIN Ça donnait quoi ?
PAUL De quoi ?
MARTIN Ton discours de rupture.
PAUL Un truc classique.
MARTIN Vas-y fais-le moi. Je te dirai ce que je pense.
PAUL Mais non.
MARTIN Vas-y, ça va te faire un entraînement et puis je te donnerai mon avis.
PAUL C’est ridicule et puis qu’est-ce qui fait de toi un spécialiste du discours de rupture.
MARTIN Je te rappelle que Cécile et moi, on s’est séparés, il y a dix mois.
PAUL Oui, mais c’est pas toi qui l’a quittée, c’est elle.
MARTIN Justement, je me souviens très bien de tout ce qu’elle m’a dit.
PAUL Oui, mais t’as perdu 11 kilos, ta bonne humeur et ton sens de l’humour tout ça en moins de dix jours.
MARTIN Justement, maintenant je sais exactement ce qu’il ne faut pas dire pour ne pas trop faire souffrir l’autre. Je t’écoute.