la moisson des auteurs

 
     
 
Hetero
Denis Lachaud
Hetero
photo : Nicolas Mahu
 
Actes du théâtre n° 77.

Mr et Mr Gattal souhaitent voir leur fils se marier.
Ils engagent Negos, un entremetteur, afin de dénicher l’homme parfait pour leur fils.
Negos leur propose celui qu’il a sélectionné, sans savoir que cet homme est le patron du fils Gattal. Bien que destiné par la nature à rester à la maison, faire des enfants et les élever, le fiancé est directeur général d’une filiale de Booster International.
Les parents Gattal le choisissent. Le promis doit cesser ses activités professionnelles et se préparer à la vie de famille. Mais le promis se rebiffe…

« Ils ressemblent à Gabin et à Ventura. Carrures, gueules, voix. Dans leur salon bourgeois, ils débattent de l’avenir conjugal de leur fils. Ils négocient un mariage fécond, stable pour tout le monde. Mais le jeune homme s’oppose à ses pères. Il aspire à l’accomplissement personnel, hors des plans de carrière et des orientations qu’on a figés pour lui. Dans le monde de Hetero, les femmes n’existent pas. Elles n’ont jamais existé. Seuls les hommes occupent ce conte onirique, noir et drôle. Mais les schémas patriarcaux sont bien là. La société d’hommes virils se divise en deux catégories : les mâles qui travaillent, les mâles qui enfantent. Un monde d’hommes où toutes les données d’une société sexiste sont encore de mise. »
Extrait du programme du théâtre du Rond-Point

Du 17 septembre au 19 octobre au théâtre du Rond-Point (création en septembre 2012 au CDN Poitou-Charentes)
Mise en scène : Thomas Condemine. Avec : John Arnold, Valentin de Carbonnières, Christian Caro, Bertrand Farge, Yvon Martin. Scénographie et costumes : Camille Vallat. Lumière : Thierry Fratissier. Son : Thomas Sillard. Administration de production : Romain Picolet. Assistanat à la mise en scène : Marion Lévêque, Pénélope Biessy. Régie générale : Camille Faure.

Traduction portugaise : Jose Paulo Moura.
Traduction anglaise (américain) : Bruce Benderson.

Personnages : 5 homme(s) -
Editions Actes Sud - Papiers

PERE 2
Mon fils, les hommes naissent et croissent et prennent une place, chacun selon ses droits et ses devoirs, chacun tirant de ses possibilités ce que volonté et circonstances lui permettent d’accomplir. Proportionnellement à l’énergie dont il dispose. Toi comme les autres. Je veux dire, toi pas plus que les autres n’y échappes. Tu es né ici, n’importe où, dans la peau de n’importe qui et les chanceux tombent du bon côté de la barrière ce qui a été ton cas réjouis-toi remercie le hasard chaque jour, pour cette identité, ce pedigree, reçus au petit bonheur, et aussi pour cette enveloppe corporelle héritée du mélange des gênes de ton père et des miens, là aussi roulette, black-jack, excitera-t-il les sens, les rebutera-t-il, cet enfant, quand il sera grand, et toi encore qui t’en tires avec les félicitations du jury, sans raison objective, sans effort mais passons, tant mieux pour toi. En résumé tu as tout pour toi. Or tu vivotes en enchaînant les petits boulots de gardien de nuit, de manutentionnaire, de videur de boîte et que sais-je encore et le temps passe. Bientôt quarante ans et pas d’époux. Encore un printemps un été envolés, tous les jeunes se sont accouplés alentour, et toi toi tu n’as pas réussi à choisir un homme à intéresser un homme à attirer sur toi le regard d’un homme, pas un seul. Ça ne peut plus durer ça ressemble à quoi?