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Humeur d'auteur

 
 
Sylvain Levey
© DR
Le petit journal de l’Obrador
Paroles d'auteur | Sylvain Levey


 

Samedi
Arrivée à Barcelone. Deux heures top chrono pour faire un tour dans Barcelone et manger un morceau (des calamars au comptoir dans le marché couvert). Deux dernières heures dans une ville qui foisonne. Et puis après c’est presque deux heures de mini bus. Tu t’appelles comment ? Et toi ? Tu viens d’où ? Passées les premières présentations, le bus est encore dans les faubourgs de Barcelone que ça parle déjà politique, écriture, philosophie, voyages et...gastronomie.

Dimanche
Ecrire pour l’autre. Parler de l’autre. Ecrire sur l’autre. Parler de ce qui n’est pas soi, mais aussi écrire sur soi. Tout d’abord cette question : Et vous en ce moment vous en êtes où ? Chacun confie sans se confier, il est encore trop tôt, ses envies, ses colères, ses doutes, sans misérabilisme et avec beaucoup d’humour. Et moi j’en suis où ? Difficile de répondre. Peut-être que ce voyage m’apportera quelques réponses.


Lundi
Hier soir les deux premières lectures, deux textes en catalan. Rien compris bien sûr mais une belle équipe d’acteurs et un metteur en scène que je trouve passionnant. Belle journée et belle soirée à jouer au baby foot avec José, celui qui tient le restaurant cantine dans lequel nous mangeons. Quatre auteurs autour de vingt-deux joueurs en bois peint. Quatre façons de voir le monde, suivant d’où l’on vient. Quatre façons d’écrire le monde, mais la même joie de gamin quand le goal est battu et la balle au fond.

Mardi
Ca a bataillé dur ce matin sur la notion d’écrire pour un public ou pour un autre, écrire en y pensant sans y penser au risque de freiner la production, écrire pour la télé, ne pas écrire pour la télé... Comment on vit chez toi quand on écrit du théâtre ou autre chose ? Chez toi c’est mieux on m’a dit....Comment écrire et gagner de l’argent sans être esclave de personne et ne pas se perdre dans des contradictions ?


Mercredi
Ca a bataillé dur ce matin sur la notion d’écrire pour un public ou pour un autre, écrire en y pensant sans y penser au risque de freiner la production, écrire pour la télé, ne pas écrire pour la télé... Comment on vit chez toi quand on écrit du théâtre ou autre chose ? Chez toi c’est mieux on m’a dit....Comment écrire et gagner de l’argent sans être esclave de personne et ne pas se perdre dans des contradictions ?


Jeudi
Je profite d’un moment de répit dans cette semaine qui passe très vite, trop vite sûrement, pour avancer un texte, une commande pour une compagnie de Poitou-Charentes. Tiens, il se passe quoi en France ? J’ai l’impression de savoir plus de choses sur la Serbie, la Syrie, l’Argentine, l’Allemagne...que sur mon propre pays. C’est qui le président déjà en France ?
Et si j’écrivais « comme » mon voisin de chambre, Jason l’anglo-saxon...


Vendredi
Très belle lecture du texte de Chico. Chico, je vais faire connaître ton texte en France ! Marco l’Argentin se rappelle de notre baby foot du premier jour et il me montre un article avec Maradona en photo. Ca te dit d’écrire un texte sur lui à deux ? Pourquoi pas. Tu viens chez moi en Argentine et on travaille à deux pendant un mois.


Samedi
C’est la fin du voyage et le départ en avion. Des idées plein la tête et des réponses à mes questions. Merci à vous les auteurs catalans, argentins, anglais, québécois, belges, et merci à toi, ma « collègue ! » française...
Je reprends mon texte commencé il y a deux jours. Tiens ce que j’écris ça me rappelle le texte de Gemma Rodriguez, ou bien le texte de Marco Canale ou encore celui de Philippe Ducros ou encore celui de Dirck Lauck (Dirck, si tu lis ce texte, c’est ok pour moi aussi. Je veux qu’on écrive des trucs ensemble, l’Allemagne, c’est pas loin et puis on discutera enfant !). En fait, je vais éteindre l’ordinateur, laisser reposer tout ça, et profiter de l’instant.


Dimanche
Un ami venu manger à la maison me pose cette question : « Ca te sert à quoi ce genre de voyage ? » « A me poser de bonnes questions et à oublier mes certitudes. »

 
  Sylvain Levey  
 
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