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Paroles d'auteur

 
 
Frédéric Sonntag
© Christa Borregaard
Can't stop it, burnin' hole in your pocket | Frédéric Sonntag


« Ma première image de Barcelone (tel que me revient, après quelques mois écoulés, ce workshop de la Sala Beckett, une fois passé le défilé des visages comme autant de multiples rencontres joyeuses, et si l'on devait retrouver une forme de chronologie) est un cercle d'auteurs de théâtre européens venant à peine de faire connaissance, assis à même le sol sur une place barcelonaise aux environs de minuit et buvant la seule marque de bière qu'on trouvera à Barcelone (Estrella, canette rouge) durant tout ce séjour, bière qu'on n'achètera jamais dans une quelconque supérette mais toujours auprès de vendeurs à la sauvette - le souvenir de ce cercle d'auteurs de théâtre européens donc (eh non, pardon, j'oubliais Agosto, donc pas seulement européens), buvant de la bière à même le sol barcelonais, et le souvenir de cette question surgissant dans ma tête à cet instant : "Mais qu'est-ce que je fais là ?" Viennent ensuite dans le désordre : des monologues écrits en dix minutes chrono à partir d'une structure de chanson : Silver Rocket de Sonic Youth ; des lectures en catalan, et chacun suivant respectueusement avec sa traduction en anglais sur les genoux ; des parties de volley-ball et des records du monde finalement battus (me comprenne qui pourra) ; des exercices d'écriture tout droit sortis de la tête d'un auteur anglais et qui sont, pour des auteurs français, autant de curiosités exotiques ; des visites de musée à deux heures du matin ; des journées marathon et des nuits fort courtes ; des spectacles en italien surtitrés en catalan (l'un nous aura fait bien rire à ses dépens, l'autre nous aura tous impressionnés) et des spectacles en catalan surtitrés en rien du tout ; des reconnaissances d'auteurs (Jordi, je me souviens encore de nos discussions sur Vila-Matas et Bolaño) et c'est une émotion particulière de se trouver soudain, à des kilomètres de distance, des affinités littéraires ; un barbecue final et l'on aura alors démontré que les Français ne sont pas les derniers pour danser. D'où l'on en déduira hâtivement qu'il n'y a rien eu de bien sérieux dans tout ça, et l'on aura tort. Car quelque chose se sera produit (dont on ne saurait encore aujourd'hui reconnaître exactement la nature), au contact de toutes ces autres pratiques, toutes ces autres identités, d'un questionnement de sa propre pratique, de sa remise en question en même temps que de son affirmation. »

 
  Frédéric Sonntag,
novembre 2009
 
 
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